Environ 150 agriculteurs ont participé, le 12 janvier au soir, à des rassemblements organisés sur les ronds-points d’Haudainville et de Longeville-en-Barrois. Portée par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Meuse, cette mobilisation met en avant des revendications nationales et locales et annonce la poursuite des actions, dont un rassemblement à Strasbourg le 20 janvier.
Environ 75 agriculteurs se sont réunis, lundi 12 janvier en soirée, sur le rond-point d’Haudainville. Une mobilisation similaire a eu lieu dans le sud meusien, à Longeville-en-Barrois. À l’initiative de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de la Meuse, ces rassemblements visaient à inviter les citoyens à venir «échanger avec celles et ceux qui vous nourrissent, comprendre leur réalité et montrer votre soutien».
Autour de feux allumés à partir de palettes, de paille et de branchages, installés au centre de ronds-points très fréquentés, les agriculteurs ont salué les automobilistes. Plusieurs conducteurs ont manifesté leur soutien en klaxonnant au passage.
MERCOSUR, PAC et taxe engrais
Cette action constitue le quatrième acte de mobilisation des syndicats agricoles meusiens qui dénoncent «trop de normes, trop de contraintes, des décisions déconnectées du terrain». Au cours de la soirée trois revendications nationales ont été principalement mises en avant : «la concurrence déloyale face au MERCOSUR, le budget à la baisse de la PAC, des charges toujours plus fortes avec la taxe engrais», explique Yohan François, vice-président de la FDSEA, satisfait de la mobilisation observée. «On ne perd pas espoir d’être entendus», ajoute-t-il face aux manifestants solidaires et motivés.
Au-delà des revendications nationales, les agriculteurs ont profité de cette mobilisation pour évoquer des difficultés plus locales. Certains avaient au préalable réalisé de courtes vidéos diffusées sur les réseaux sociaux afin d’inciter agriculteurs et citoyens à se rencontrer et à échanger sur ces problématiques.
C’était le cas de Laurent Thiry, agriculteur à Latour-en-Woëvre, qui pointe «beaucoup trop de normes et de réglementation». Il cite notamment les zones de non-traitement (ZNT) de 20 mètres, qui lui feraient perdre environ 5 % de sa surface agricole. «On paye du foncier qu’on ne peut pas exploiter», déplore-t-il. «On devrait pouvoir bien vivre de notre métier» ajoute-t-il en colère. Il souligne également l’importance de ces rassemblements pour échanger avec d’autres agriculteurs confrontés aux mêmes difficultés. «Nous avons déjà la météo en contrainte, pas besoin de nous en ajouter d’autres», conclut-il avec une pointe d’humour.
À ses côtés, Airy Bastien, agriculteur à Manheulles, évoque une autre préoccupation locale, «un exemple parmi d’autre» : la question des cours d’eau. «Les fossés, c’est un symbole», déclare-t-il. «Avec l’aménagement du territoire, les fossés sont devenus des ruisseaux aux yeux de la loi et nous n’avons plus le droit de les entretenir». Selon lui, cette réglementation va à l’encontre du «bon sens paysan». La Woëvre serait particulièrement touchée par cette situation qui engendre des problématiques réglementaires supplémentaires. «Comment être performant et compétitif dans ces conditions» se questionne-t-il.
Nouvelle mobilisation à Strasbourg
L’objectif de ce quatrième acte était de mettre en lumière ces difficultés et de les faire remonter aux élus et aux responsables politiques qui se sont déplacés sur les deux sites de mobilisation.
Les feux de la colère devaient se poursuivre tout au long de la semaine sur d’autres ronds-points du département, notamment à Apremont-la-Forêt, Warcq, Void et Revigny. Les organisations agricoles annoncent déjà la préparation d’un cinquième acte, avec une mobilisation nationale prévue mardi 20 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg.

