Réseau Ecobio Lait : une année 2024 compliquée mais des systèmes solides

La restitution des résultats économiques 2024 du réseau Ecobio Lait, a mis en évidence les liens entre performances techniques et économiques dans un contexte d’année contrastée, marqué notamment par la FCO et des conditions de cultures difficiles.

La restitution des résultats économiques 2024 du réseau Ecobio Lait a permis de dresser un état des lieux des performances techniques et économiques des exploitations suivies. Cette rencontre annuelle, s’est tenu mi-décembre à Euville et a réuni les éleveurs des départements de la Meuse, de la Moselle, de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges, autour d’analyses détaillées allant de la production laitière au revenu disponible.
Le réseau Ecobio Lait, qui compte 28 fermes, accompagne les exploitations sur des aspects à la fois techniques et économiques. Production laitière, gestion du troupeau, qualité du lait, surfaces en herbe ou encore décomposition des charges, EBE et reste disponible font partie des indicateurs suivis. Ce travail présente un double intérêt : fournir des références solides aux Chambres d’agriculture et permettre aux éleveurs de comparer leurs résultats afin de conforter leurs choix.

Un double intérêt

La présentation des résultats 2024, du produit au revenu disponible, met en évidence le lien entre performances techniques et résultats économiques. En moyenne, une ferme du réseau Ecobio Lait compte 88 vaches laitières, avec des effectifs compris entre 36 et 171 animaux, pour une production annuelle moyenne de 466.950 litres de lait, allant de 142.500 à 1.465.500 litres selon les exploitations.
Sur le plan économique, l’année 2024 est jugée contrastée par les conseillers élevage des Chambres d’agriculture. «Ce n’est pas la meilleure année», expliquent-ils, en raison notamment du début de la FCO et d’une campagne de cultures compliquée. Des éléments qui ont pesé sur les résultats. Les éleveurs et conseillers restent toutefois attentifs à la situation de 2025, avec l’espoir d’une amélioration dans les résultats.
Un point spécifique sur la gestion de l’herbe a été présenté. Les conseillers rappellent que la valorisation de l’herbe «ne passe pas forcément par plus de fauche, mais aussi par le pâturage». Ils citent notamment le report sur pied comme levier intéressant. Si ce système est davantage adapté aux élevages allaitants, il peut néanmoins convenir à des animaux à faibles besoins, en permettant de conserver une bonne valeur alimentaire dans le temps.
Concernant la gestion des troupeaux, la qualité des fourrages s’est révélée insuffisante en 2024, entraînant une baisse de la productivité. Les éleveurs n’ont toutefois pas cherché à compenser systématiquement par un apport accru de concentrés. «Nous n’avons pas cherché à augmenter les concentrés», expliquent-ils, le gain de rendement espéré ne compensant pas le coût d’achat. Le prix moyen du lait s’établit à 506 €/1.000 litres, avec un impact qualité de 79 €/1.000 litres. Les conseillers soulignent par ailleurs que, selon les laiteries, les taux butyreux et protéiques ne sont pas valorisés de la même manière, ce qui explique des écarts entre les exploitations.

Des troupeaux rajeunis

Sur la question du renouvellement des troupeaux, les taux varient fortement, de 7 à 53 % selon les élevages. «À cause de la FCO, nous avons un peu plus renouvelé et rajeuni le troupeau», témoigne un éleveur. L’âge moyen au premier vêlage se situe autour de 35 mois, avec des vêlages qui restent majoritairement proches de trois ans en agriculture biologique.
Du côté des indicateurs économiques, la moyenne globale du produit par hectare de SAU atteint 2.357 €/ha, et une moyenne hors aides de
1.811 €/ha. «Pour de plus en plus de fermes bio, le contrat MAE fait partie de la stratégie économique de l’exploitation», soulignent les conseillers. Globalement, les exploitations biologiques conservent une bonne maîtrise des charges, avec des EBE plus stables que ceux observés en système conventionnel.
Au final, le lait reste une stratégie économique payante, quelle que soit l’année. Toutefois, ramenée au temps de travail, la production laitière implique une présence plus importante de l’éleveur sur sa ferme.
La journée s’est terminée par la visite du GACE Biogeval et l’intervention d’un spécialiste dans le domaine des médecines alternatives en élevage.