Moisson en Meuse : des rendements contrastés selon les secteurs

Après une campagne marquée par le manque d’eau et les fortes chaleurs, les moissons avancent rapidement en Meuse, avec des rendements très variables selon les secteurs et les types de sols. Des agriculteurs livrent leurs premiers constats d’une récolte contrastée.

La moisson avance rapidement en Meuse, portée par des conditions très sèches. Si les rendements sont parfois décevants, les agriculteurs soulignent, en fonction des cultures et des secteurs une qualité des grains qui peut-être bonne.

À Doulcon, Alexandre Cornette a commencé à moissonner les blés le 2 juillet. Dans son secteur, les derniers agriculteurs ont patienté jusqu’en début de semaine pour sortir les moissonneuses. «Il fallait attendre», explique-t-il.

Sur les escourgeons, le bilan qualitatif et quantitatif est moyen avec 60 à 70 q/h, contre plutôt 75 habituellement. Pour les blés, les craintes étaient fortes, mais avec de bonnes terres qui ont conservé l’eau, les rendements devraient atteindre 70 à 80 q/ha. «En plus, il y a pas mal de poids spécifique», précise-t-il. Par contre, le colza, encore non récolté sur son exploitation, s’annonce très sec, avec des humidités autour de 5 %.

Des cultures à maturité simultanément

Quelques kilomètres plus loin, dans le secteur de la Woëvre, Thomas Perin, qui travaille en société en participation, constate de fortes différences selon les parcelles. Il a commencé la moisson le 23 juin par les orges d’hiver. «Les rendements sont dans la moyenne basse, mais ce n’est pas catastrophique, on avait vraiment plus peur que cela», témoigne-t-il.

Sur 100 hectares de colza, il obtient une moyenne de 29 q/ha, un résultat qu’il juge correct. Pour lui, cette campagne est surtout marquée par sa rapidité : «tout est mûr en même temps, nous travaillons jour et nuit». La récolte des colzas et des orges de printemps est quasiment terminée, tandis que les blés devraient se situer autour de 60 q/ha. «Les blés ont séché sur pied, les grains sont petits» explique-t-il. Un désagrément qui l’oblige à passer beaucoup de temps à régler les machines d’une parcelle à une autre.

Dans le Barrois, Xavier Arnould, président de la FDSEA, fait état d’une campagne plus difficile, avec des grains secs. Dans son secteur, les escourgeons affichent des rendements bas, entre 35 et 60 q/ha. Le colza, débuté autour du 24 juin, résiste mieux au manque d’eau, tandis que les blés vont de mauvais (45 q/ha) à normal (70 q/ha) en fonction des terres. Il se rassure sur la qualité qui «est bonne. Tout va passer en meunerie», assure-t-il.

Le maïs et les tournesols sous surveillance

Par contre, les orges de printemps, pénalisées par l’absence de pluie au printemps, n’atteignent ni la qualité, ni la quantité espérée. «Peu de grains se sont formés», constate-t-il, avec des rendements limités à environ 55 q/ha «uniquement sur les bonnes terres arrosées».

L’agriculteur s’inquiète dès à présent de la récolte des maïs et des tournesols.

Plus au sud, à Luméville-en-Ornois, Thomas Voisin explique que son secteur a rencontré de nombreuses difficultés : sols superficiels calcaires, sécheresse, gel des Saints de glace et deux épisodes de grêle, le 20 juin et quelques jours plus tard dans le secteur de Montiers-sur-Saulx et Vaudeville-le-Haut. «Il y a eu un impact aussi bien sur les récoltes fourragères que sur les céréales», constate-t-il. «Les cultures de printemps ont énormément souffert».

Pour le colza, il estime les rendements entre 25 et 35 q/ha dans son secteur. «Par rapport aux autres années, c’est 10 quintaux de moins», résume-t-il. Les premières orges de printemps confirment ses craintes : «certains ont commencé à les récolter, c’est divisé par deux», estime-t-il, avec une nuance pour les agriculteurs en fond de vallée «qui s’en sortiront mieux».

Tous les exploitants dressent le même constat : le manque d’eau en avril et le coup de chaud de mai ont fortement pénalisé les cultures. La différence s’est faite selon les sols et les variétés. «Par exemple, en blé, les variétés les plus rustiques et plus anciennes s’en sortent mieux», observe Thomas Voisin.