Au GAEC de l’Orne, une famille unie autour de l’élevage

À Parfondrupt, une famille d’éleveurs a converti son exploitation à l’agriculture biologique en 2017 et adopté la race jersiaise, privilégiant la qualité du lait. Poussée par Aline, salariée sur la ferme familiale, toute la tribu participe depuis 2022 aux concours bovins de la région, devenus des rendez-vous fédérateurs.

À Parfondrupt, situé dans le canton d’Étain, l’esprit de famille règne au sein de l’élevage de Cyril Rio et Stéphanie Mathieu. Parents d’Érine, Marion, Aline et Valentin, les exploitants ont transmis la passion de l’agriculture à leurs enfants. Si Valentin, encore au collège, a le temps de réfléchir à son avenir professionnel, les trois jeunes femmes se sont déjà orientées vers le monde agricole : Érine travaille chez Élitest et Marion est devenue technicienne de contrôle de performances à la Chambre d’agriculture de la Meuse. Quant à Aline, après avoir obtenu un baccalauréat professionnel CGEA, préparé en apprentissage sur la ferme familiale, elle est aujourd’hui salariée à temps partiel sur l’exploitation et aime particulièrement s’occuper des animaux et les présenter en concours.

«La Jersiaise valorise mieux l’herbe»

En effet, c’est sous son impulsion que la famille participe à des concours depuis 2022. Âgée de 15 ans à l’époque, Aline avait présenté Roussette et Richesse lors du premier concours Jersiais organisé à Verdun Expo. «À l’époque, c’est notre inséminatrice qui nous a parlé des concours», se souvient la famille. Depuis, le GAEC de l’Orne présente ses animaux à Verdun, à Stenay ou encore à Agrimax.

La race Jersiaise n’a pourtant pas toujours été présente sur la ferme. «Avant, nous avions des Prim’Holstein et quelques Montbéliardes», expliquent les éleveurs. La Jersiaise est arrivée en mai 2017, au moment de la conversion de la ferme à l’agriculture biologique, une conversion décidée face à des charges devenues trop lourdes et à un changement de modèle économique. «La Jersiaise valorise mieux l’herbe», explique Stéphanie Mathieu. Aujourd’hui, dans les prairies, «il y a un peu de toutes les couleurs», poursuivent les enfants. L’élevage compte ainsi des Jersiaises pures, mais aussi de nombreuses vaches croisées.

Sur l’exploitation, la famille privilégie la qualité du lait plutôt que la quantité, refusant de «surstimuler» les animaux. Une conduite qui semble porter ses fruits : «ici, on ne sait pas ce qu’est une mammite et on ne jette quasiement jamais de lait».

Une conduite raisonnée du troupeau

L’exploitation compte aujourd’hui 170 animaux, dont une soixantaine de vaches laitières. Désormais formée à l’insémination, la famille apprécie «de ne plus être dépendante». «C’est plus facile d’un point de vue organisation et nous n’avons pas de taureaux. Pour avoir du lait toute l’année, il faut que les vêlages s’étalent sur l’année», expliquent les éleveurs. Mais la conduite du troupeau n’est pas exempte d’aléas. Cette année comme partout, la sécheresse a apporté son lot de contraintes. «Nous sommes obligés d’amener à boire au parc, et il y a eu davantage d’avortements», constatent-ils.

Au-delà de ces tâches du quotidien, les concours restent le temps fort de l’année, particulièrement pour Aline qui sélectionne des animaux capables de bien marcher, avec une bonne morphologie des pattes et du dos. L’an dernier, la famille a remporté le prix du lot d’élevage, une véritable fierté pour tous. L’objectif premier reste toutefois de partager un bon moment : «notre ambition, c’est surtout de participer et de s’amuser», expliquent les filles.

La préparation des animaux commence au moins deux semaines avant les concours. Lavage, tonte et entraînement à la marche rythment alors les journées. «Comme la race est petite et maniable, elle est plus facile à tondre. Elles sont à notre hauteur», explique Aline qui apprécie le côté doux et paisible de la Jersiaise.

Pour rencontrer d’autres éleveurs

À l’occasion de Verdun expo, la famille arrivera le vendredi avec quatre bêtes et repartira le dimanche. «Les nuits sont courtes, mais maintenant, nous avons un peu nos habitudes sur place», sourit la jeune éleveuse. Au-delà de la compétition, ces rendez-vous sont aussi l’occasion de rencontrer d’autres professionnels et de partager leurs expériences. «C’est un gros week-end, mais ça fait du bien de rencontrer d’autres éleveurs et de s’entraider», souligne sa mère.

Entre les soins apportés aux animaux, les présentations sur le ring et les échanges avec les autres éleveurs, les concours sont devenus un véritable rendez-vous en famille. Une aventure qui permet à chacun de trouver sa place.