Voies navigables de France (VNF) franchit une étape stratégique dans le développement des ports intérieurs avec la création de sa première filiale portuaire, Ports de Lorraine. Objectif : renforcer la compétitivité de la logistique fluviale et accélérer le report modal vers des transports bas carbone.
Cette nouvelle structure, soutenue par la région Grand Est, l’État et l’Union européenne, concentrera plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissements sur l’axe stratégique de la Moselle. Elle succède au Syndicat mixte ouvert (SMO) des Ports Lorrains qui s’était vu confier entre 2018 et 2024, l’exploitation d’une grande partie de ce domaine.
Créée sous forme de société par actions simplifiée, Ports de Lorraine Sas se voit confier l’aménagement et le développement de l’ensemble du foncier logistique de VNF le long de la Moselle canalisée. Elle regroupe 34 plateformes portuaires réparties sur 22 communes, représentant près de 5 millions de tonnes de trafic fluvial annuel. Parmi elles figurent des sites majeurs comme le port de Metz, premier port céréalier intérieur français qui voit chaque année transiter 3,8 millions de tonnes de marchandises, ainsi que Toul, Nancy-Frouard ou Thionville.
Depuis le 1er janvier, l’exploitation des services logistiques de cinq ports publics (Nancy-Frouard, Metz, Thionville-Illange, Toul et Cattenom) a été confiée pour quinze ans au groupement Lorraine multi hubs (LMH), réunissant Rhenus partnership France, Modalis, MGE et le Grand port maritime de Dunkerque. Le concessionnaire prévoit 10 millions d’euros d’investissements dans de nouveaux équipements logistiques.
30 millions d’euros d’investissements
De son côté, Ports de Lorraine pilotera un programme de plus de 30 millions d’euros de travaux entre 2026 et 2033, destiné à moderniser les infrastructures portuaires et à renforcer l’intermodalité fluviale, ferroviaire et routière. Les investissements porteront notamment sur les quais, voies ferrées, terre-pleins et équipements électriques. Ils bénéficieront de cofinancements de la région Grand Est, de l’État (via le CPER) et de l’Union européenne, dans le cadre du projet Momma d’amélioration de la Moselle à grand gabarit.
Pour VNF, cette nouvelle organisation marque un tournant. «Avec la création de filiales portuaires, VNF franchit une étape décisive pour renforcer la compétitivité des ports fluviaux et accélérer le report modal», souligne sa directrice générale, Cécile Avezard. Une stratégie qui vise à structurer l’économie portuaire intérieure autour de modèles plus performants, capables de répondre aux enjeux économiques et climatiques.
Dans la continuité de la première filiale Ports de Lorraine, VNF devrait lancer dans les mois et années à venir, de nouvelles filiales portuaires au rythme des renouvellements de concessions. La création d’une filiale portuaire concernant les ports de la Saône à grand gabarit (Mâcon, Chalon et Pagny) est d’ores et déjà en discussion pour 2026. À moyen terme, des projets comparables sont à l’étude sur le réseau des Hauts de France.

