Des formations agroalimentaires qui recrutent à l’EPL Agro de Bar-le-Duc

Souvent associé aux métiers de la production agricole, le lycée agricole de Bar-le-Duc (55) forme aussi aux métiers de l’agroalimentaire, un secteur en tension. Le bac pro PIPAC et le BTSA Bioqualim ouvrent la voie à des emplois concrets dans l’industrie alimentaire, cosmétique et pharmaceutique.

Quand on pense «lycée agricole», on imagine spontanément les métiers de la terre, de l’élevage ou de la nature. Pourtant, l’agroalimentaire y a toute sa place et recrute activement. Sur le site de Bar-le-Duc de l’EPL Agro de la Meuse, deux formations préparent aux métiers du secteur : le bac professionnel PIPAC (Production en industrie pharmaceutique, alimentaire ou cosmétique) et le BTSA Bioqualim (Qualité, alimentation, innovation et maîtrise sanitaire).
Rencontre avec Isabelle Arnould, coordinatrice du bac pro PIPAC, et Frédéric Macherac, coordinateur du BTSA et enseignant en génie alimentaire.
Quand on pense lycée agricole, on ne pense pas directement aux formations agro-alimentaires. Pourquoi ces formations sont-elles importante aujourd’hui ?
Isabelle Arnould :
«Ces formations ont énormément de besoins. Cependant, l’industrie alimentaire n’attire pas ou peu, ou alors ces formations sont méconnues. C’est une filière en souffrance alors qu’il y a beaucoup de demandes. Il y a de véritables opportunités d’emploi, mais encore faut-il que les jeunes connaissent ces parcours».
Quels sont les profils recherchés pour intégrer ces formations ?
Frédéric Macherac :
«Le BTS est principalement orienté vers des jeunes qui ont la fibre scientifique, qui aiment les sciences, travailler en laboratoire, avec une appétence pour la cuisine et pour l’alimentation. Mais les profils viennent de tous les horizons : bac général avec option scientifique, bac technologique STL (Sciences et technologies de laboratoire) ou STAV (Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant), et également quelques bacs professionnels».
À quels types de postes ces diplômes préparent-ils concrètement ?
I. A. :
«Après le bac pro, il y a déjà des possibilités d’emploi. Le bac pro forme des opérateurs qualifiés pour des entreprises alimentaires, cosmétiques ou pharmaceutiques. Les trois secteurs embauchent, mais en Meuse, par exemple, c’est surtout le secteur alimentaire qui recrute. En fromagerie notamment, un titulaire du bac pro peut être engagé à plusieurs postes : opérateur de fabrication, conducteur de machine de production ou encore adjoint technique au laboratoire de contrôle qualité».
F. M. : «Les diplômés du BTS trouvent des postes en production, en contrôle, mais aussi en management de la qualité et de l’environnement. Ils assurent la traçabilité des produits en tant que responsables qualité, hygiène, sécurité, environnement. On parle à la fois de sécurité du personnel et de sécurité du produit. Par exemple, lorsqu’il y a un rappel de produit, c’est tout le système de traçabilité mis en place qui permet d’agir rapidement. Ces métiers ont une vraie responsabilité».
Quels sont les contenus et les points forts de ces formations ?
I. A. :
«En formation initiale classique, les élèves de bac pro effectuent quinze semaines de stage en entreprise. Cela leur permet de découvrir concrètement le milieu professionnel».
F. M. : «En BTS, les étudiants réalisent douze semaines de stage. La formation est très axée sur la pratique avec des modules hygiène, qualité, microbiologie, biochimie, management…. Nous disposons notamment d’un hall alimentaire qui permet de réaliser des travaux pratiques dans des conditions proches de celles d’une entreprise.
De plus, chaque année, nous diversifions les thématiques. L’an dernier, nous avons travaillé autour de la filière lait, et nous avons visité beaucoup d’entreprises : une exploitation laitière, la coopérative Ulm, les fromageries Raival et Hutin et l’entreprise Miko».