Chambre d’agriculture : la vigilance est maintenue sur tous les fronts

La Chambre d’agriculture a dressé un état des lieux des dossiers agricoles, entre difficultés économiques, baisse des prix du lait et manque de soutien européen. La prédation du loup, ainsi que la reprise attendue du dialogue avec la fédération de chasse, figurent parmi les principales préoccupations.

Les sessions de la Chambre d’agriculture sont des temps d’échanges et de dialogue entre les organisations agricoles, les élus du territoire, les parlementaires ainsi que les représentants de l’État et de ses services. Elles permettent de présenter les réalités de l’agriculture et de la ruralité, mais aussi de confronter les points de vue. Les discussions, nourries et constructives, portent sur des sujets concrets qui concernent directement les exploitations et les territoires.
«Être à la fois médiateur et acteur du développement» : c’est ainsi que Nicolas Pérotin définit le rôle de l’institution qu’il préside. Cette ligne directrice a été rappelée lors de la dernière session organisée jeudi 19 février à Longeville-en-Barrois. Cette rencontre a permis de faire un point sur les principaux dossiers du moment, et notamment la situation économique, la prédation et les enjeux sanitaires. La compétitivité de la «Ferme France» a également été évoquée par les intervenants, le sénateur Franck Menonville et l’économiste Thierry Pouch (lire ci-contre).

125 brebis tuées en 2025

La présence du loup sur le département est toujours une source d’inquiétude. Trois loups sont recensés en Meuse. En 2025, 125 brebis ont été tuées dans le département. Isabelle Hofbauer, référente ovine à la Chambre d’agriculture, a peur que «la meute présente en Haute-Marne éclate et se disperse». Malgré les protections mises en place, les attaques continuent. Officiellement, la France compte 1.084 loups, un chiffre jugé sous-estimé par les professionnels. «Il y en a certainement bien plus» poursuit-elle.
Xavier Arnould, vice-président de la Chambre, souligne les conséquences pour les éleveurs : fatigue, stress et parfois arrêt d’activité. Il demande l’autorisation de tirs de prélèvements supplémentaires. La ministre ayant fait des annonces quelques jours plus tôt en Haute-Marne, les agriculteurs attendent désormais les décrets et des actions concrètes.
Les agriculteurs signalent également d’autres espèces qui provoquent des dégâts comme les corbeaux, grues, ratons laveurs, ragondins et castors. En plus des dégâts, certains aspects sanitaires sont aussi à considérer.
Concernant la Dnc, la région Grand Est n’a pas été touchée. Selon Nicolas Pérotin, «le protocole mis en place a permis d’éviter la propagation». Près de 200 éleveurs ont participé à des réunions d’information organisées par la préfecture.

Un dialogue attendu

Les problématiques sont également en grandes cultures, où les résultats des campagnes 2023, 2024 et 2025 ne sont pas satisfaisants. Dans le secteur laitier, après des années favorables, les prix connaissent une baisse rapide. Cette situation fragilise les exploitations. Le président de la Chambre évoque un manque de soutien, notamment au niveau européen.
Dans un autre registre, la profession agricole souhaite enfin une reprise du dialogue avec la fédération de chasse dans un climat plus calme. Les nouvelles élections doivent apporter «une reprise du dialogue dans la sérénité, l’écoute et, si possible, des solutions», poursuit Nicolas Pérotin. «Il y a un énorme enjeu pour l’équipe qui va être mise en place, pour lui éviter la mise sous tutelle», ajoute le préfet Xavier Delarue.
Après ces sujets préoccupants, Nicolas Pérotin a conclu l’assemblée avec une note plus optimiste, évoquant la présence de la Meuse au Salon international de l’agriculture à Paris, qui «met en avant le département et les producteurs qui y travaillent». Respectant la décision des éleveurs bovins de ne pas présenter d’animaux, il espère que «l’an prochain, nous serons au complet».

Une motion face au projet de d’écocontribution poids lourds

Face à la mise en place du projet d’écocontribution poids lourds porté par la Région Grand Est, les responsables de la Chambre d’agriculture redoutent un report de cette taxe sur les agriculteurs. «Aucune dérogation sectorielle n’est envisagée et cette écocontribution entraînera un effet cumulatif sur l’ensemble des flux agricoles, pénalisant davantage les productions locales», a expliqué le directeur, Pascal Cerneau.
En concertation avec le réseau des Chambres d’agriculture du Grand Est, l’institution de la Meuse s’oppose à ce projet par le biais d’une motion. «Toute politique de transition écologique ne peut être efficace et socialement acceptable que si elle tient compte des réalités économiques, logistiques et territoriales de l’agriculture, sans compromettre la souveraineté alimentaire ni la vitalité des territoires ruraux».