La région Grand Est au SIA : «L’agriculture reste une force économique pour notre région»

L’espace Grand Est, situé au hall 7.2, a été inauguré dans la soirée du lundi 23 février par Franck Leroy, président de la Région et Jérôme Mathieu, président de la Chambre régionale d’agriculture. L’occasion d’apporter leur soutien aux professionnels et de fêter un double anniversaire : les dix ans des deux institutions.

L’inauguration de l’espace Grand Est s’est déroulée dans un contexte particulier, cette année, pour le Salon international de l’agriculture (SIA) qui se tient en l’absence de bovins, en raison de la dermatose nodulaire contagieuse. Un contexte sanitaire, difficile qui s’ajoute à des fragilités structurelles, à des enjeux de revenus et de compétitivité, ainsi qu’aux défis du changement climatique, de la reconnaissance professionnelle et de la complexité normative. «L’agriculture est exposée à toutes ces évolutions, et nos agriculteurs en sont les premiers témoins alors qu’ils ont besoin de visibilité, de stabilité et d’accompagnement», reconnaît Jérôme Mathieu, président de la Chambre d’agriculture régionale, lors de son intervention à l’occasion de l’inauguration.
Pour réagir efficacement et en proximité, le réseau des Chambres du Grand Est s’engage sur plusieurs thématiques : le revenu et la visibilité des exploitations «car sans revenu, il n’y aura pas de possibilité de transmettre de façon pérenne ces fermes», précise Jérôme Mathieu, l’adaptation aux conditions climatiques et environnementales, le renouvellement des générations dans un contexte de départs à la retraite important ces dix prochaines années, la structuration et l’évolution des filières.

Dialoguer

«Nous parlons là de diversification, d’innovations, de partenariats, de création de valeur ajoutée. Dans tous les cas, il faut apporter des réponses concrètes et visibles aux exploitants agricoles et viticoles», poursuit-il.
Dans cette période incertaine, pour le président de la Chambre d’agriculture Grand Est, il faut être présent au Salon de l’agriculture. L’événement reste un lieu de dialogue, permettant de montrer la réalité des métiers agricoles et viticoles, loin des caricatures présentées dans certains médias ou sur les réseaux sociaux. «Venir ici, c’est soutenir l’agriculture, les agriculteurs, les filières», insiste Jérôme Mathieu, qui sait qu’à l’issue de cette troisième journée du Sia, la fréquentation était en baisse de plus de 40 %.
Il a également évoqué un dossier d’actualité : le projet d’écocontribution des poids lourds, souhaité par la Collectivité européenne d’Alsace. «Il y aura des conséquences économiques. Elle va pénaliser tous les professionnels de la région Grand Est. Il faut donc continuer à dialoguer tous ensemble, travailler en commun, avancer pour trouver les voies d’exception pour notre économie agricole, viticole, horticole et encore sylvicole. En l’état, nous ne pouvons pas l’accepter», prévient Jérôme Mathieu.

Dix ans de collaboration

Le président de la Chambre d’agriculture Grand Est a poursuivi sur un événement plus réjouissant : le dixième anniversaire de la Chambre et celui de la Région. «Dix années de collaboration, de dialogue, de travail en commun, mené dans l’intérêt général. Nous devons penser à ceux qui nous ont précédés. Il faut citer Jean-Paul Bastian, qui a été le premier à mener ces discussions pour cette nouvelle gouvernance. Il faut aussi penser au premier président de cette Chambre régionale, Jean-Luc Pelletier, et à son successeur, Maximin Charpentier. Ils ont facilité nos échanges. Le rôle des Chambres départementales est essentiel, car elles traduisent les politiques publiques en résultats opérationnels», note Jérôme Mathieu.
«L’agriculture traverse une période exigeante. Elle reste une force économique pour notre région», conclut-il. Des propos salués par le président de la Région, pour qui le SIA est un rendez-vous agricole incontournable. «Venir ici, c’est affirmer notre soutien à l’agriculture, dans un monde traversé actuellement par des tensions politiques et économiques. Nous vivons, ici, des moments essentiels et précieux. Nous trouvons, sur ces stands, des produits authentiques, des filières d’excellence, des professionnels exigeants et passionnés. Le Grand Est demeure la première région agricole de l’hexagone, et nous devons en être fiers», affirme Franck Leroy.

Objectif formation

Le président du Grand Est a aussi insisté sur l’importance de la formation, assurée dans vingt-six lycées agricoles, treize centres de formation des apprentis et dix-sept maisons familiales rurales présents dans la région. Les métiers agricoles évoluent rapidement, selon lui : «ces métiers attirent aussi bien les jeunes que des adultes en reconversion, souhaitant plus d’autonomie et d’utilité sociale. L’agriculture s’ouvre sur la société : 35 % des nouveaux agriculteurs ne sont pas issus du milieu agricole. 33 % sont des femmes».
Les métiers changent, soutenus par les innovations technologiques et les attentes sociétales. L’agriculture de précision, les outils numériques, la robotisation et les pratiques agroécologiques transforment les conditions de travail, et ouvrent des perspectives d’évolution qu’il faut savoir accompagner. «La Région consacre 57 millions d’euros sur dix ans au programme Lycées agricoles 2030, pour transformer les exploitations et ateliers technologiques des lycées agricoles publics en pôles d’excellence et d’exemplarité de l’innovation. Ce programme contribue à la reconquête des effectifs et à installer les jeunes sur les fermes de demain», conclut Franck Leroy.

Jean-Michel HELL