Le Vector M2 révolutionne l’EARL de la Grande Perrière

Le 26 février, l’EARL de la Grande Perrière, à Muzeray, a ouvert ses portes à près de 250 visiteurs venus découvrir son robot d’alimentation Vector M2, développé par Lely. Une journée placée sous le signe de l’innovation, au cours de laquelle Thibaut et Thomas Erard ont présenté les performances techniques et économiques de cet investissement devenu central dans l’organisation de leur élevage.

Jeudi 26 février, l’EARL de la Grande Perrière, à Muzeray, a pris des allures de vitrine technologique. Thibaut et Thomas Erard y ont convié professionnels et curieux pour dévoiler leur robot d’alimentation, le Vector M2 conçu par Lely, désormais pièce maîtresse de leur organisation quotidienne.

Installés depuis le 1er janvier 2018 sur la ferme familiale, les deux frères pilotent une exploitation de polyculture-élevage orientée vers les céréales et un troupeau de 245 bovins. À cette activité s’ajoute Perrière Service, leur entreprise de travaux agricoles, née de leur volonté d’entreprendre et de diversifier leurs activités.

Face à la charge de travail croissante, la réflexion s’est imposée : comment conjuguer développement et qualité de vie ? Il y a deux ans, ils optent pour l’automatisation de l’alimentation avec le Vector M2. Un investissement stratégique, pensé pour fluidifier l’organisation, sécuriser les performances du troupeau et, surtout, reprendre la main sur le temps.

Efficacité, tranquillité, productivité

Avec l’arrivée de ce robot d’alimentation, les rations sont désormais ajustées avec précision selon deux lots distincts : d’un côté, les petits et moyens animaux (13 kg d’ensilage de maïs, 3 kg d’enrubanné et 6 kg de Mixalia) ; de l’autre, les bovins en croissance et en finition (15 kg d’ensilage de maïs, 5 kg d’enrubanné et 7 kg de Mixalia), sans apport supplémentaire de céréales.

Un réglage fin qui porte ses fruits. «Cela nous a permis de réaliser 15.000 € d’économies par an sur les rations, soit une baisse de 5 %», souligne Thibaut Erard, chiffres établis à l’appui avec le cabinet CEFIGAM.

Le gain ne se limite pas qu’à l’alimentation. Côté temps de travail, le remplissage du bol mobilisait auparavant sept heures par semaine pour 245 bovins. Aujourd’hui, trois heures suffisent : un temps divisé par deux, soit près d’une heure économisée par UGB et par an.

La facture énergétique s’est également allégée. Le bol mélangeur consommait 12 litres de fioul par jour, pour un coût annuel de 5.200 €. Désormais, le robot fonctionne 100 % à l’électricité, pour une dépense annuelle de 1.343 €, soit près de 3.900 € d’économies supplémentaires.

Enfin, les performances zootechniques progressent. Le gain moyen quotidien entre la naissance et l’abattage est passé de 1.000 à 1.100 grammes par jour, soit une hausse de 10 %. À la clé : 15 kg de carcasse supplémentaires par animal. Rapporté à 200 jeunes bovins valorisés à 6,70 €/kg, cela représente environ 20.000 € de produit en plus par an.

Au total, entre économies sur l’alimentation, réduction des charges énergétiques et valorisation des carcasses, le robot d’alimentation génère près de 45.000 € de gains annuels pour l’exploitation. Un investissement technologique qui s’impose aussi comme un levier économique majeur. «Cela donne de la souplesse autant côté professionnel que personnel, il nous libère 35 % de temps libre» ajoute Thibaut Erard.

Une alimentation pilotée par la donnée et la précision

Le robot d’alimentation surveille en continu la hauteur de fourrage disponible au niveau du cornadis. En fonction des volumes restants, le Vector de Lely ajuste automatiquement la distribution, assurant une ration accessible à tout moment.

Sa jupe repousse le fourrage vers les animaux pour maintenir l’auge toujours garnie. «Suivant la ration qu’il reste, le robot va chercher les ingrédients pour les ramener dans les cases vides», explique Thibaut Erard. Les informations collectées sont transmises à l’ordinateur de pilotage, qui déclenche si nécessaire la préparation d’un nouveau bol dans la «cuisine» située à l’arrière du bâtiment.

La préparation du bol s’appuie ainsi sur un pont roulant muni d’un grappin, installé au-dessus des différents stocks. Il se déplace d’avant en arrière pour prélever les ingrédients selon les besoins : trèfle, herbe de première et deuxième coupe, paille, Mixalia ou encore maïs ensilage.

Guidé par laser, le grappin analyse la hauteur du fourrage et prélève la matière au point le plus élevé afin de préserver la compacité et la fraîcheur des blocs. Le logiciel de pilotage, doté d’une fonction d’auto-apprentissage, affine en permanence la profondeur de prise pour charger la quantité exacte nécessaire. Par petites touches précises, les différents ingrédients sont ainsi incorporés dans le robot d’alimentation, garantissant un mélange homogène et rigoureusement dosé.

La journée a réuni près de 250 visiteurs venus de toute la Meuse, de Meurthe-et-Moselle, de Moselle, des Ardennes, mais aussi de Belgique et du Luxembourg.

L’événement a également rassemblé un large réseau de partenaires : le Cefigam, Demaison, Agri-woëvre, Nealia, Mecavista, Egil, le Crédit Agricole, ainsi que Perrière Service, tous mobilisés autour de cette journée placée sous le signe de l’innovation et de la performance.