Un marché laitier instable

Les assemblées de section de l’Union laitière de la Meuse ont permis de présenter le bilan financier de la coopérative et de sa filière Valorlac, mais aussi d’échanger avec les producteurs sur l’actualité laitière.

Une quinzaine de producteurs se sont réunis jeudi 19 mars au matin à Gercourt, à l’occasion de l’assemblée de section Nord-Ouest de l’Union laitière de la Meuse (ULM). Cette rencontre était la première d’une série organisée par la coopérative auprès de ses adhérents, qui se déroule jusqu’au 28 avril sur l’ensemble du territoire. Ces réunions se concluront par l’assemblée générale prévue le 5 juin à Bras-sur-Meuse, marquant les 60 ans de la coopérative.

Avec 470 exploitations adhérentes et 352 millions de litres de lait collectés (soit environ 10.000 litres de moins que l’an dernier) l’ULM confirme néanmoins son rôle structurant dans la filière. La grande majorité de cette production (90 %) provient de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle, le reste étant issu de Bourgogne, des Ardennes et de la Marne. Une partie du lait est valorisée par la filiale Valorlac, contribuant à la création de valeur pour les producteurs.

Amélioration du prix en 2025

L’année 2025 se distingue par une amélioration notable du prix du lait, avec une moyenne de 492,95 € pour 1.000 litres toutes qualités confondues, contre 464,22 € en 2024. En production biologique, le prix atteint 529,60 € pour 1.000 litres. Toutefois, la présidente Ludivine Graftiaux tempère : «le marché a été inexistant entre Noël et le Nouvel an», précisant que «le budget prévisionnel de l’année 2026 ne sera pas conforme aux attentes» en raison de l’effondrement des cours. Elle anticipe ainsi «les six premiers mois compliqués».

Les questions dans la salle sont d’ailleurs nombreuses à ce sujet : «Et si le prix ne remonte pas ? Doit-on produire moins ? Peut-on mettre le surplus en beurrerie ?». Malheureusement, «nous discutons avec les négociants chaque semaine et pour le moment, nous n’avons aucune visibilité» explique Jean-Michel Jassin, le directeur adjoint de la coopérative.

Dans ce contexte mouvant, la coopérative a renforcé son organisation avec la création d’un pôle «services aux adhérents», dirigé désormais par Stéphane Sagorin. Celui-ci regroupe la collecte et la logistique, le service froid à la ferme ainsi que les services qualité élevage et développement. L’objectif est d’accompagner au plus près les agriculteurs, tout en maintenant un haut niveau d’exigence en matière de qualité du lait, qui demeure une priorité.

3.000 tonnes de beurre

Parallèlement, la filiale Valorlac poursuit son développement industriel. En 2025, elle a transformé 131 millions de litres de lait, permettant la production de 3.090 tonnes de beurre. Un cap symbolique a ainsi été franchi, avec plus de 3.000 tonnes produites pour la première fois.

Jean-Michel Jassin affiche des perspectives ambitieuses : «155 millions de litres de lait en transformation pour Valorlac en 2026», notamment grâce à une forte progression des contrats avec la fromagerie Hutin. Même si un incident chimique accidentel survenu sur la station d’épuration de Valorlac a temporairement perturbé l’activité. Celle-ci a néanmoins été rétablie en moins de quinze jours.

Entre ambitions de développement et interrogations légitimes des producteurs, la coopérative devra poursuivre ses efforts d’accompagnement et d’adaptation pour sécuriser durablement les exploitations et maintenir la dynamique collective.

Cinq tanks d’appoint en location pour les producteurs

Depuis le 1er février, l’ULM ne collecte plus de lait non réfrigéré. Pour les éleveurs disposant de surplus, cette mesure constitue l’occasion de revoir leur capacité de stockage et, si possible, d’investir dans un nouveau tank afin de garantir une quantité suffisante en ferme. La coopérative met également à disposition cinq tanks d’appoint à la location pour soutenir les producteurs.