Jeudi 5 mars, Adheo réunissait ses adhérents au cinéma Caroussel de Verdun, pour son assemblée générale annuelle. L’occasion pour le directeur général, Jean-René Lenne, et le président, Fabrice Piquet, de dresser le bilan de l’année écoulée et de présenter la plateforme MyAdheo nouvel espace numérique facilitant les échanges et la transition vers la facture électronique.
C’est au cinéma Caroussel de Verdun qu’Adheo a réuni ses adhérents pour son assemblée générale annuelle. À l’issue du vote des résolutions, Jean-Philippe Bastien, trésorier, a souligné que l’année 2025 se clôturait sur «des bases financières solides, permettant à Adheo de soutenir ses projets d’innovation et de croissance».
Cap sur la mutation numérique
Jean-René Lenne, directeur général, a ensuite dressé le bilan d’une année tournée vers le numérique et la réorganisation stratégique d’Adheo.
«Nous ne sommes pas simplement dans une transformation. Nous sommes dans une mutation profonde de notre modèle, de notre métier et de notre profession», a-t-il expliqué, soulignant que cette évolution ne laissait «pas place à l’attentisme». Dès 2021, Adheo avait anticipé ces changements en arrêtant la saisie chez ses clients, une décision structurante qui visait à préparer la dématérialisation complète des documents. Aujourd’hui, près de la moitié des documents sont transmis numériquement, et le reste est numérisé en interne, un résultat qualifié de «travail collectif» par le directeur général.
Cette mutation s’accompagne d’investissements importants dans l’informatique et l’intelligence artificielle. «L’humain qui refuse l’Ia sera remplacé par celui qui l’utilise» a-t-il averti, tout en précisant que ces technologies ne remplaceraient pas le travail humain mais automatiseraient les tâches répétitives. Cette stratégie, bien que générant une légère baisse de rentabilité, est volontaire :«nous avons choisi d’investir maintenant plutôt que de subir demain».
Jean-René Lenne a également évoqué le rachat du cabinet d’expert-comptable CPA, une décision qui s’inscrit dans une logique de croissance et de complémentarité. «Il ne s’agit pas seulement de croître. Il s’agit de changer d’échelle», a-t-il résumé, rappelant que l’objectif reste d’accompagner les adhérents dans la mutation numérique et l’évolution de leur activité. Le cabinet CPA, basé à Metz, est une structure historique fondée en 1922, qui compte aujourd’hui une cinquantaine de collaborateurs. Sous la présidence de Sylvain Adam, il apporte son expertise en audit, conseil juridique et accompagnement patrimonial, renforçant ainsi l’offre d’Adheo.
Fragilité et contrastes
Anne-Sophie Buchheit, conseillère d’entreprise, a souligné la fragilité persistante de la conjoncture agricole, accentuée par les tensions internationales et le récent blocage du détroit d’Ormuz.
Le secteur agricole reste particulièrement impacté. Depuis 2023, les coûts de production ont fortement augmenté, tandis que les prix des céréales sont restés bas, dégradant la situation économique des exploitations. En 2024, la baisse de la productivité et des récoltes a réduit les volumes exportés. En 2025, malgré de bonnes récoltes, les prix mondiaux sont restés inférieurs à la moyenne sur cinq ans. Les rendements en blé ont toutefois dépassé la moyenne régionale, avec des revenus estimés entre 150 et 200 euros à l’hectare pour les systèmes céréaliers, insuffisants pour couvrir tous les besoins et générant des tensions de trésorerie.
Pour les filières lait et viande, Anne-Sophie Buchheit note des évolutions contrastées. Les prix du lait ont chuté depuis le début de l’année, malgré des niveaux relativement élevés en 2024. La robotisation et la modernisation des ateliers laitiers se poursuivent, alors que certaines exploitations cessent leur activité. Du côté de la viande, les cours restent au-dessus de la moyenne des cinq dernières années, une bonne nouvelle pour les éleveurs.
L’assemblée générale s’est conclue par le rapport moral du président Fabrice Piquet, qui a dressé un bilan réfléchi de l’année écoulée et esquissé les perspectives pour Adheo.
Le président a ouvert son intervention en soulignant le climat d’incertitude qui domine actuellement, entre ralentissement économique, tensions géopolitiques et défis nationaux. «Il est difficile d’imaginer la France de 2030 autrement qu’au travers d’une vision qui pourrait paraître catastrophique», a-t-il reconnu, avant de nuancer par des motifs d’optimisme. Selon lui, des signes de prise de conscience existent, notamment sur les excès réglementaires qui fragilisent industrie et agriculture, et sur l’envie des Français d’entreprendre malgré les obstacles.
Fabrice Piquet a ensuite évoqué la dynamique entrepreneuriale et agricole : la création d’entreprises reste soutenue, même si de nombreuses micro-structures voient le jour, et le secteur de l’élevage continue de bénéficier de prix de vente favorables, tandis que la production céréalière demeure sous pression.
Le président a également abordé les évolutions structurelles d’Adheo, à commencer par la sortie du réseau CERFRANCE en septembre 2025. Une décision anticipée, qui a permis à Adheo de devenir pleinement indépendant tout en maintenant certaines collaborations. Cette transition a ouvert la voie au déploiement du nouveau portail MyAdheo et à la facture électronique, qui sera obligatoire dès septembre.
Une mutation qui se vit autant sur le plan humain que technologique. «Il appartient à chacun de décider s’il sera acteur ou spectateur de ces évolutions», a rappelé Fabrice Piquet, soulignant l’accompagnement des collaborateurs et des adhérents pour faire de ces innovations de véritables atouts opérationnels.

