Roman Chaudron, agriculteur à Lisle-en-Barrois, et Paul Matrot, céréalier dans le même village, représentaient les Copains à la noix lors de la journée Meuse au Salon de l’agriculture. Ce fut l’occasion de promouvoir cette nouvelle filière.
Le collectif réunit une dizaine d’exploitants de Meuse, de Meurthe-et-Moselle et de la Somme. «Mais, chacun garde son exploitation principale», expliquent les deux copains. Pour eux, la noix constitue surtout une diversification face à une rentabilité agricole de plus en plus fragile.
L’idée n’est pas venue par hasard. «Le noyer pousse naturellement chez nous», rappellent-ils. De plus, les principaux bassins historiques, en Dordogne et en Isère, voient leurs productions vieillir. En Meuse, les jeunes misent sur «des parcellaires grands et aérés», afin de limiter les problèmes sanitaires.
La filière demande de la patience. Il faut compter neuf à dix ans entre la plantation et l’entrée en production. Cette année a eu lieu la première récolte. «C’est une récolte test, surtout pour mettre en route le matériel», expliquent les agriculteurs. Si les volumes restent modestes, l’espoir est déjà tourné vers les prochaines saisons.
Une production bio et locale
Le collectif souhaite valoriser l’ensemble de la production. Une casserie de noix est en projet. Les producteurs envisagent de commercialiser les noix sous différentes formes : noix sèches, cerneaux ou brisures, selon la demande.
Aujourd’hui, près de 90 % des noix consommées en France sont importées. «Notre objectif est de proposer un produit local, bio et à un tarif compétitif», expliquent les producteurs, venus au Salon pour se faire connaître et nouer des contacts.
Le projet reçoit déjà plusieurs soutiens. Nicolas Pérotin, président de la Chambre d’agriculture, salue l’initiative : «il faut unir tous nos efforts pour que la noix meusienne soit partout et dans toutes les recettes». Le Département, le GIP et l’Agence de l’eau encouragent également le projet.

