Réinventer l’exploitation pour allier efficacité et autonomie

En modernisant ses bâtiments et en installant du photovoltaïque, Florian Migeon a fait évoluer son exploitation céréalière. Entre gain d’autonomie, capacité de stockage renforcée et confort de travail amélioré, la ferme allie aujourd’hui performance et flexibilité.

Installée à Montzéville, à quelques kilomètres de Verdun, l’exploitation de Florian Migeon reflète l’évolution des fermes céréalières familiales. Reprise par ce dernier en 2023, elle s’est progressivement structurée autour d’un modèle à la fois productif et diversifié.
La ferme produit une large gamme de cultures : blé, orge, colza, maïs, avoine ou encore féverole. Parallèlement, de nouvelles activités ont été développées, avec la mise en place d’un parc photovoltaïque, le renforcement des capacités de stockage à la ferme et le lancement d’une activité de négoce en céréales.

Modernisation et nouveaux bâtiments

L’exploitation s’appuie aujourd’hui sur trois bâtiments agricoles. Le plus ancien, édifié en 1985, offre une surface de 1.000 m². Il est complété par un second bâtiment de 600 m², construit en 2008, puis par un troisième hangar plus récent, mis en service en 2025, qui apporte 1.000 m² supplémentaires dédiés au stockage.
Un quatrième bâtiment de 750 m², situé dans le village, complète l’ensemble, et a récemment fait l’objet d’une nouvelle tranche de panneaux photovoltaïques.
Ce dernier projet s’inscrit dans une modernisation plus globale de l’exploitation. La même année, l’agriculteur investit dans des panneaux photovoltaïques, une opération qui lui permet notamment de procéder au désamiantage des anciennes toitures. «L’amiante a été acheminée vers une usine de retraitement située dans les Ardennes», précise-t-il. Ce chantier a également ouvert la voie à la construction d’un nouveau hangar. Lancé avec des travaux de terrassement en août 2024, le bâtiment a été monté en février 2025, couvert en mars, avant l’installation des panneaux solaires, entre mai et juin. «Il y a eu quasiment un an de construction», résume l’exploitant.
Le nouveau bâtiment est organisé en quatre cellules et offre 24 mètres linéaires pour le stockage du matériel. Il peut accueillir jusqu’à 250 tonnes de céréales. Sa conception a été pensée pour optimiser la conservation, avec des murs en béton banché assurant une meilleure étanchéité et limitant la présence de nuisibles. «Ce type de béton est costaud, l’eau ne s’infiltre pas et il n’y a pas d’insectes, c’est plus pratique pour stocker les céréales», explique Florian Migeon.
Le système de ventilation, installé à l’arrière du bâtiment, repose sur un ventilateur entraîné par un moteur, ce qui limite les risques de panne. L’agriculteur ajuste la ventilation pour maintenir les grains à une température régulière : «en septembre, on reste sous les 20 degrés, et en hiver sous les 10 degrés».
Les deux autres bâtiments ont également bénéficié d’une rénovation de leur toiture grâce au photovoltaïque. Le second abrite notamment un local phytosanitaire en plus d’un espace de stockage pour le matériel. Quant au plus ancien, d’une surface de 1.000 m², il sert lui aussi au stockage de céréales et d’équipements, mais présente encore des parois en bois. «Il faut être plus vigilant : les céréales peuvent se glisser dans les stries et les insectes peuvent s’y installer. C’est plus contraignant», reconnaît l’agriculteur, qui envisage à terme d’y installer du béton banché pour améliorer les conditions de stockage.

Une exploitation repensée pour plus de flexibilité

Les transformations récentes de l’exploitation ont offert à Florian Migeon une véritable «souplesse» dans la gestion de son activité. «Je peux vendre à qui je veux, quand je veux, cela apporte une certaine autonomie», explique-t-il, soulignant l’indépendance que lui confère ce nouvel outil. Pour l’agriculteur, cette modernisation ne se limite pas au stockage : «je trouve que ça fait partie de l’outil de l’agriculteur», précise-t-il, insistant sur le rôle stratégique de ce type d’infrastructure dans le quotidien de la ferme.
Au-delà de l’efficacité, ce hangar représente aussi un gain économique et pratique. «Le gain engendré par l’activité photovoltaïque permet de rembourser les emprunts liés à la construction du nouveau hangar et à la rénovation des anciennes toitures. Je gagne en confort», confie Florian Migeon, mettant en avant l’équilibre trouvé entre investissement et rentabilité, mais aussi la qualité de travail améliorée grâce à un bâtiment pensé pour optimiser à la fois le stockage des céréales et le confort de l’exploitant.