À l’occasion de la dernière session de la Chambre d’agriculture, réunie mercredi 9 septembre à Bras-sur-Meuse, les professionnels agricoles ont fait le point sur le maillage vétérinaire dans le département.
«Ces dernières années, notre département a été confronté à une succession de crises sanitaires», rappelle Nicolas Pérotin, président de la Chambre d’agriculture. Mais la santé animale ne se résume pas aux périodes de crise, elle concerne surtout le quotidien des exploitations. Alors que la profession connaît un vieillissement de ses effectifs, elle peine à attirer les jeunes vétérinaires ruraux. Pourtant «pas d’élevage sans vétérinaire», s’inquiète la nouvelle cellule dédiée au maillage.
Créée en avril 2025, cette cellule réunit la Chambre d’agriculture, le GDS de la Meuse, les vétérinaires, les GTV de Meuse et du Grand Est, ainsi que le conseil départemental et la DDETSPP. Fanny Mésot, coordonnatrice du projet, est venue présenter, avec Anouck Fourier, vétérinaire, les résultats de la première enquête de territoire.
Des secteurs déjà sous tension
La Meuse compte aujourd’hui cinquante-six vétérinaires ruraux ou mixtes. Quinze cabinets vétérinaires sont implantés dans le département, mais vingt-trois cabinets interviennent auprès des élevages. Si tous les éleveurs disposent actuellement d’un vétérinaire, la situation apparaît plus fragile dans certains secteurs.
«Pour le moment, nous sommes bien répartis. Il ne faut pas que cela devienne plus compliqué», souligne Anouck Fourier, salariée d’un cabinet indépendant. Le renouvellement des générations constitue l’une des principales inquiétudes. «Les jeunes arrivent, se forment mais ne restent pas», constate-t-elle.
Gabrielle Henrion, élue à la Chambre d’agriculture, souligne les difficultés rencontrées sur le terrain : «dans certains cabinets, c’est l’agriculteur qui doit amener le veau directement à la clinique». En effet, l’activité rurale impose d’importants déplacements. Un vétérinaire rural à temps plein parcourt en moyenne 35.000 km par an, avec un rayon d’intervention de 21 km. Et le temps sur la route est important.
Préserver un réseau de proximité
La question de l’évolution des cabinets inquiète également certains agriculteurs, notamment face aux reprises de structures indépendantes par de grands groupes financiers. «Les vétérinaires ruraux ne peuvent pas faire les mêmes marges qu’avec les chiens et les chats», souligne un participant, pour expliquer le désamour pour «la rurale».
Pour les professionnels agricoles, maintenir un réseau vétérinaire de proximité est aussi une condition de la bonne santé économique des exploitations. «Avoir des animaux en bonne santé permet aux exploitations d’être fortes», estime Simon Groot Koerkamp, vice-président du GDS de la Meuse, soulignant l’importance de l’excellence des troupeaux meusiens, notamment grâce au travail préventif.

