Réunis à Bras-sur-Meuse lors de leur assemblée générale, les partenaires du Point accueil installation (PAI) de la Meuse ont dressé le bilan de l’année écoulée. Entre évolution des profils de porteurs de projets, complexification des dossiers et enjeux liés à la transmission, la structure confirme son rôle central dans l’accompagnement à l’installation agricole, tout en se projetant vers de nouveaux dispositifs.
Le Point accueil installation (PAI) de la Meuse est le premier interlocuteur des porteurs de projet agricole, quels que soient leur âge ou la filière envisagée. Créé en 2014, il a pour mission de les accueillir, les informer, les orienter et les accompagner tout au long de leur démarche, jusqu’à plusieurs mois après leur installation.
Les partenaires de cette structure se sont réunis lundi 22 juin à Bras-sur-Meuse, à la Maison de l’Agriculture, à l’occasion de l’assemblée générale. Cette rencontre a permis de dresser le bilan de l’année écoulée et de préparer les actions à venir. Gaëlle Erling, présidente, a présenté les principaux éléments de l’activité de la structure en revenant sur les chiffres et les actions menées en 2025 ainsi qu’au début de l’année 2026.
Il faut noter que les premiers rendez-vous concernent majoritairement des projets en polyculture-élevage, orientés vers la production laitière ou allaitante. La plupart des porteurs de projet sont âgés de 20 à 29 ans et disposent d’un diplôme agricole. En revanche, le début de l’année 2026 enregistre une baisse du nombre de premiers rendez-vous.
Les partenaires constatent que les dossiers sont de plus en plus complexes en raison de la taille des exploitations concernées. Ils soulignent également un manque d’anticipation de certains porteurs de projets dans la préparation de leur installation, ainsi que des rendez-vous qui ne donnent pas toujours lieu à des suites concrètes.
Chaque année, entre 60 et 80 installations agricoles, tous types confondus, sont réalisées dans le département, qu’elles bénéficient ou non d’aides, en reprise familiale ou hors cadre. Malgré l’agrandissement constant des exploitations, les installations individuelles restent majoritaires. «Le choix de l’installation individuelle est peut-être plus rapide», estime Mickaël Dolzadelli, responsable de l’équipe Conseils d’entreprise à la Chambre d’agriculture.
Autre point positif souligné lors de cette assemblée générale : la simplification des démarches administratives liées aux aides à l’installation et la rapidité des paiements, en nette amélioration depuis plusieurs années.
Anticiper, clé d’une transmission réussie
Dans un second temps, Isabelle Charles, conseillère en renouvellement des générations, a présenté les missions du Point information transmission (PIT). En 2025, 39 rendez-vous individuels ont été réalisés avec des exploitants dont l’âge moyen était de 61 ans et 8 mois. Parmi eux, 34 étaient issus de filières d’élevage. «L’idéal est de rencontrer les agriculteurs une première fois vers 50 ans afin d’anticiper et de les accompagner au mieux dans la transmission de leur exploitation» a-t-elle souligné, permettant de faire plus facilement le lien avec des porteurs de projets par exemple.
Enfin, une présentation du nouveau dispositif France services agriculture (FSA) a été faite aux partenaires. Celui-ci sera généralisé en 2027, après une phase de test, afin de garantir un niveau d’information homogène sur l’ensemble du territoire. Il s’agira d’un réseau unique regroupant les missions liées à l’installation, à la transmission, à la formation et à l’émergence de projets.
Depuis plusieurs mois, la Meuse expérimente déjà le volet transmission avec les partenaires concernés. L’objectif est de savoir prendre de la hauteur et du recul, avant le déploiement national. «Tous les cédants ne seront pas obligés de passer par le FSA» expliquent les intervenants.
En fin de réunion, les participants se sont interrogés sur les avantages concrets du futur dispositif FSA, estimant que les structures existantes fonctionnent déjà correctement dans le département. «La partie émergence va peut-être combler des manques. Elle devrait prendre en charge les personnes qui viennent en premier rendez-vous au PAI et qui, finalement, ne s’installent pas» a souligné un membre de l’assemblée lors des échanges.
L’expérimentation de France services agriculture pourrait marquer une nouvelle étape dans la structuration et l’accompagnement des agriculteurs. Reste à savoir si cette future organisation saura trouver sa place et renforcer l’attractivité du métier d’agriculteur dans le département.

