Les pédicures bovins parlent métier et avenir

L’Association nationale des pédicures bovins a choisi la Meuse pour son assemblée générale 2026. Trois jours d’échanges, de démonstrations et de visites qui ont permis aux professionnels de faire le point sur les évolutions d’un métier indispensable aux élevages, mais peu reconnu.

L’association nationale des pédicures bovins (ANPB) réunit 80 adhérents de toute la France. Elle a pour but de valoriser cette profession peu connue. Son activité vise à promouvoir le savoir-faire des professionnels, mais aussi organiser des journées techniques et favoriser les remises à niveau, afin de répondre aux besoins croissants des élevages et de la filière bovine. Les pareurs sont répartis entre indépendants et salariés de coopératives ou de cliniques vétérinaires. Certains, mais peu, exercent une double activité en étant également agriculteurs.

Chaque année, l’assemblée générale choisit de se déplacer pour découvrir une nouvelle région de France. En 2026, l’événement s’est déroulé sur plusieurs jours à la Maison familiale rurale de Bras-sur-Meuse, du 18 au 20 août.

Le programme a démarré par l’assemblée statutaire, suivie d’un salon des fournisseurs professionnels regroupant quatorze exposants l’après-midi. Les participants ont pu découvrir les dernières innovations matérielles : cages, outils et autres équipements spécifiques au parage. Le deuxième jour était consacré à une visite sur le terrain et à une réunion technique autour du parage en ferme. Le troisième jour, une visite touristique était proposée, les pareurs partageant le séjour avec leur famille. Lors de l’assemblée, Jean-Marc Vacher a été réélu président. En poste depuis 2015, il exerce son activité dans le Doubs.

Prévenir les boiteries

Le métier de pédicure bovin consiste à tailler les sabots et à répartir le poids sur les pieds, activité qui relève de la prévention et du traitement des boiteries afin de préserver le bien-être du troupeau et d’accompagner l’éleveur au quotidien. «La période d’intervention habituelle s’étend du 15 octobre au 15 mai, avec des variations régionales liées à la saisonnalité et à l’évolution des pâtures» souligne le président.

À l’arrivée en ferme, le travail s’organise autour de la sécurité et de l’efficacité. Le tri des animaux est déjà fait avant l’installation des cages selon le chantier, avec un rythme moyen allant de quatre à dix bovins par heure. Le professionnel insiste sur l’importance de la prévention, qu’il estime plus rentable pour l’éleveur, d’autant plus avec la robotisation des élevages laitiers qui facilite le suivi des boiteries. Le recours au curatif existe, mais il reste limité à des produits non vétérinaires.

La formation comme porte d’entrée

Cependant, les effectifs restent insuffisants au niveau national : «Nous ne sommes pas assez nombreux. Les agriculteurs ne sont pas toujours bien formés pour intervenir eux-mêmes. c’est un métier exigeant», résume Julien Amourette. Le pareur installé à Forges-sur-Meuse depuis 2020, souligne qu’il a un agenda bien rempli avec deux à trois mois de rendez-vous d’avance.

La formation de pédicure bovin unique en France est présentée comme une voie d’accès permettant d’acquérir les gestes techniques indispensables, de comprendre les problématiques de boiterie et de construire un projet professionnel viable, avec des perspectives d’embauche. Le président insiste sur l’importance de la pratique post-
formation et rappelle que «deux ans sont utiles pour être totalement à l’aise avec les vaches».

La profession se féminise, avec environ 30 % de praticiennes. Les cages hydroliques gagnent en maniabilité et en réduction de la pénibilité, apportant des conditions de travail plus adaptées à l’évolution des élevages.