En 2026, l’indice national des fermages augmente de 3,23 % par rapport à l’année 2025. Une hausse inopportune qui tombe en pleine période de crise agricole. Comprendre le mécanisme pour comprendre les raisons de cette hausse.
Depuis la réforme de 2009, l’évolution des fermages est déterminée à partir d’un indice national. Auparavant, chaque département disposait d’un indice propre, créant des disparités, parfois importantes, y compris entre des territoires limitrophes.
Si aujourd’hui, chaque département fixe toujours ses fourchettes de prix minimales et maximales applicables aux locations des terres et aux bâtiments agricoles, celles-ci sont également guidées par l’évolution de l’indice national des fermages.
Deux composantes pour calculer l’indice
Le calcul de l’indice national des fermages repose sur deux éléments : le Revenu brut d’entreprise agricole (RBEA) et le Produit intérieur brut (PIB). Ce mode de calcul permet de tenir compte à la fois des revenus agricoles des fermiers et du coût de la vie des bailleurs.
L’indice est ainsi composé à 60 % du RBEA et à 40 % du PIB. Le RBEA, publié par le service statistique du ministère de l’Agriculture (source Agreste), est lui-même calculé sur la base d’une moyenne lissée sur cinq ans. Ce mécanisme permet de limiter les effets des variations trop brutales d’une année sur l’autre.
Il peut, cependant, créer un décalage entre la réalité économique des exploitations sur une année comme celle de 2026 et l’évolution de l’indice.
Une hausse de 3,23 % en 2026
Depuis 2009, l’indice national des fermages a progressé en moyenne de 1,45 % par an, en fonction de l’évolution du RBEA et du PIB.
Pour 2026, l’indice du RBEA retenu s’établit à 126,85 contre 121,13 en 2025, soit une progression de 4,72 %. De son côté, l’indice lié au PIB passe de 125,95 en 2025 à 127,32 en 2026, soit une hausse de 1,09 %.
En appliquant la pondération prévue par la réglementation, l’indice national des fermages passe ainsi de 123,06 à 127,55 soit une augmentation de 3,23 %.
Qu’il soit à la hausse ou à la baisse, l’indice national a, bien sûr, une incidence sur le montant des fermages. Dans un contexte où certaines exploitations connaissent des difficultés de trésorerie, l’augmentation de 2026 peut donc peser davantage sur les charges supportées par les fermiers.
En cas de difficulté, privilégier le dialogue
En cas de difficulté pour régler son fermage, le premier réflexe est d’en faire part à son bailleur afin de trouver ensemble des solutions. Un accord peut être recherché entre les deux parties, par exemple à travers un paiement échelonné ou une remise, selon la situation.
Dans tous les cas, il est recommandé de formaliser par écrit tout accord trouvé, afin de préciser les engagements de chacun et de limiter les risques de litige ultérieur.
Pour la FRSEA
Éléonore HENRY

