La moisson va bon train en Meuse

Démarrée dans la deuxième quinzaine de juin, la moisson avance bien dans la Meuse, dans un contexte météo favorable. Chez E MC2, les premiers résultats apparaissent globalement satisfaisants tant en rendement qu’en qualité pour les orges d’hiver, dont la récolte se termine.

Après quelques épisodes pluvieux, voire tempétueux, la météo s’est mise au beau fixe en ce début juillet, favorisant le déploiement des chantiers. Un démarrage dans de bonnes conditions, après une année 2021 marquée par une forte pluviométrie.

A la coopérative EMC2, on souligne la précocité de la récolte, qui s’est traduite par l’arrivée des premières bennes d’escourgeons et d’orges d’hiver dès le 17 juin en Haute-Marne. « Il faut remonter à une dizaine d’années pour retrouver un démarrage aussi précoce », constate David Méder, directeur adjoint de la coopérative. Les moissonneuses sont aussi rapidement entrées en action en Meuse, et après une interruption suite à un épisode orageux, « la récolte des orges d’hiver a repris sérieusement le 1er juillet », et était en voie d’achèvement cette semaine.

Bons pour la brasserie

Les résultats apparaissent, globalement, plutôt satisfaisants, tant en qualité et quantité. David Méder note « de bons poids spécifiques, de 65 à 67 à moyenne », contrairement à l’an dernier. Le taux de protéines, « inférieur à 11 »,  est permettra une valorisation en brasserie « pour la grande majorité » des variétés brassicoles (Pixel, Faro, Etincel…). De même pour les calibrages, autour de 75 %, « même si nous avons eu quelques craintes au départ, sur quelques parcelles qui ont été échaudées ».

Pour cette campagne, les variétés brassicoles représentent environ 60 % de la sole d’orges d’hiver de la coopérative. Un changement qui peut s’expliquer par l’offre de variétés, « plus large pour les espèces fourragères avec une meilleure tolérance à certaines maladies », alors qu’il y a toujours un risque, pour les variétés brassicoles, de ne pas satisfaire aux critères requis.

Côté rendement, le responsable d’EMC2 les situe « entre 65 et 70 q/ha », avec cette année encore, une certaine variabilité.  La culture n’a pas connu de gros problème de maladie, ni trop souffert du manque de pluie au printemps.  Quelle valorisation cette année ? La prudence prévaut, même si les cours sont toujours « à des niveaux historiques ». « Les marchés réagissent bizarrement ; les cours ont perdu 100 euro/t en un mois et demi ; nous n’avons aucune visibilité pour les mois à venir » explique David Méder.

Inquiétude pour l’orge de printemps

Pour les autres denrées, pas ou peu de données encore. La coopérative a reçu les premières bennes de colza, « avant les blés ». Premier constat : de faibles taux d’humidité, inférieur à 6 %, «les colzas sont secs et propres, les agriculteurs sont patients pour la récolte, la météo aide beaucoup », salue le responsable.  Quant au blé, dont la récolte avait à peine débuté, les PS semblaient corrects, de même que les taux de protéines.  Par contre, les espoirs d’une bonne récolte s’annoncent plus ténus pour les orges de printemps, impactés par la sécheresse au mois d’avril mai, avec pour conséquence « un faible peuplement épis ». Une crainte que semblait confirmer l’arrivée des premières bennes.