ULM : Soixante ans entre mémoire et renouveau

Pour son 60e anniversaire, l’Union laitière de la Meuse (ULM) a tenu une assemblée générale à forte portée symbolique. Devant près de 150 participants réunis à l’occasion de cette journée exceptionnelle, la présidente, Ludivine Graftiaux, et les dirigeants ont retracé six décennies d’histoire coopérative, marquées par la construction collective, des périodes de fortes turbulences et une phase actuelle de reconstruction. Un moment à la fois institutionnel, commémoratif et tourné vers l’avenir.

L’assemblée générale des 60 ans de l’ULM a pris cette année une dimension particulière, bien au-delà du cadre statutaire habituel. L’événement a marqué à la fois un temps de bilan, de mémoire et d’ouverture vers l’avenir, dans un contexte où les responsables ont voulu rappeler l’importance du collectif et de la solidarité dans la filière.

Fondée en 1966, la structure est née d’une volonté syndicale forte visant à permettre aux producteurs de reprendre la main sur la commercialisation de leur lait. À l’origine, il s’agissait de regrouper l’offre pour mieux défendre les intérêts des éleveurs et garantir une meilleure équité dans la valorisation de la production. «C’est 60 ans d’histoire, 60 ans d’engagement, de solidarité et de travail collectif au service des éleveurs de notre territoire», a résumé la présidente Ludivine Graftiaux.

Au fil des décennies, la coopérative s’est progressivement élargie. Elle a développé des services techniques, des outils de collecte et de transformation, ainsi qu’un accompagnement renforcé des exploitations agricoles.

Un modèle coopératif en reconstruction

Aujourd’hui, la coopérative fédère plusieurs centaines d’exploitations agricoles et occupe une place centrale dans la filière laitière locale. Elle est également un acteur économique important pour le département.

«Au-delà des chiffres, notre plus grande richesse, c’est l’humain», a insisté la présidente. «Le modèle coopératif repose sur l’implication des producteurs, le professionnalisme des collaborateurs et la confiance de nos partenaires» a-t-elle tenu à rappeler.

Elle a toutefois évoqué une période plus difficile, marquée par des tensions internes et des difficultés de gouvernance. «Les dernières années ont été extrêmement compliquées», a-t-elle reconnu, faisant référence à une phase de fortes turbulences. Elle a également mentionné une phase de reconstruction progressive, jugée nécessaire pour stabiliser la structure.

Selon elle, cette période difficile a nécessité «beaucoup d’énergie, de détermination et de courage collectif», tant du côté des administrateurs que des salariés. Elle a salué «des collaborateurs qui n’ont pas eu peur de tenir le cap dans la tempête».

Depuis, la coopérative a engagé un travail de restructuration interne visant à renforcer ses bases organisationnelles et à consolider ses outils de production et de pilotage. «Aujourd’hui, le bateau ULM est beaucoup plus solide» a-t-elle exprimé.
Elle a insisté sur la capacité retrouvée de la coopérative à se projeter : «Nous pouvons désormais fixer un nouveau cap, tracer une nouvelle route et nous donner de nouvelles ambitions».

Le défi du renouvellement des générations

Parmi les enjeux majeurs évoqués figure celui du renouvellement des générations agricoles. La présidente a insisté sur l’importance d’accompagner les jeunes éleveurs et de rendre le métier attractif. «Le renouvellement des générations est sans doute un des enjeux majeurs des prochaines décennies», a-t-elle souligné. Elle a également insisté sur la nécessité de «transmettre les savoir-faire et de préserver le tissu agricole du territoire».

En conclusion, la présidente a insisté sur la continuité du projet coopératif et sur la confiance dans l’avenir. «Tant qu’il y aura des producteurs qui croient dans la force du collectif, et des femmes et des hommes pour tenir la barre, la coopérative poursuivra sa route», a-t-elle affirmé. Avant de conclure : «Levons les yeux vers l’horizon et continuons ensemble à écrire les prochaines pages de cette aventure collective».