Renforcer la place du bio dans la restauration collective

Plus de cent acteurs étaient réunis à Bar-le-Duc pour échanger sur les solutions permettant de développer le bio local en restauration collective.

Comment renforcer la place des produits biologiques locaux dans les cantines et les établissements de restauration collective ? C’est autour de cette question que plus de cent acteurs se sont réunis, vendredi 2 octobre, à l’EPL Agro de Bar-le-Duc, à l’occasion de la troisième conférence régionale consacrée à l’agriculture biologique.

Co-organisée par la DRAAF Grand Est, la Région Grand Est, la Chambre d’agriculture Grand Est, les agences de l’eau et Bio en Grand Est, cette journée s’inscrivait dans le cadre du plan bio régional 2023-2027. Producteurs, collectivités, établissements de restauration collective et partenaires institutionnels ont partagé leurs expériences et leurs solutions pour développer les approvisionnements en bio local.

«L’agriculture biologique répond à la loi Egalim, elle répond aussi à la souveraineté alimentaire», a rappelé Pierre Bassin, directeur régional de l’agriculture.

Un travail collectif

«Notre objectif d’atteindre au moins 20 % de produits bio dans les cantines, c’est possible», a expliqué d’emblée Béatrice Moreau, vice-présidente de la Région Grand Est chargée de l’agriculture. Elle a rappelé qu’à l’échelle régionale, le programme ADAGE (Alimentation durable et autonome du Grand Est) vise à offrir une alimentation durable, locale et de qualité aux bénéficiaires de la restauration collective, tout en faisant de celle-ci un levier de développement des filières de productions locales. «Le programme réunit plusieurs acteurs pour sécuriser les achats, structurer les filières et accompagner les changements de pratiques, notamment dans les lycées gérés par la Région» a-t-elle rappelé.

Un travail collectif soutenu par Anne-Louise Guilmain, cheffe du service des politiques régionales à l’agence de l’eau Seine-Normandie, qui a demandé une «cohérence des politiques publiques» et d’«effort commun».

«La filière bio retrouve un essor après des années délicates. Nous avons maintenant une réelle marge de progression», a souligné Solange Méric, élue référente bio à la Chambre régionale d’agriculture. «Si la loi EGALIM était respectée, cela permettrait de pérenniser toutes les exploitations en agriculture biologique», a-t-elle rappelé.

«L’un de nos leviers pour mieux connecter les marchés et la restauration collective, c’est d’avoir une capacité à nous regrouper», a complété Valérie Palin, élue référente bio à la Chambre d’agriculture de la Meuse, en citant notamment les plateformes Agrilocal et Paysan Bio Lorrain.

Pour Jérémy Ditner, président de Bio en Grand Est, «le bio rassemble». Il a souligné que cette dynamique concernait aussi bien les producteurs que les collectivités, tout en insistant sur l’importance des repas pris hors domicile : «Plus on mange en collectivité, plus on a de chances d’avoir du bio dans les assiettes».

Un potentiel de développement important

Aux côtés des acteurs de la bio, des collectivités, des établissements de restauration collective et des partenaires institutionnels, cette journée a ainsi permis d’échanger autour d’un enjeu majeur pour le territoire.

Les chiffres présentés ont rappelé l’importance du défi à relever, mais aussi le potentiel de développement qui demeure. Ils ont mis en évidence les perspectives pour les filières biologiques régionales, ainsi que l’opportunité d’offrir une alimentation de qualité à davantage de convives.

Selon les chiffres présentés par l’Agence Bio, 47 % des repas servis en restauration collective concernent seulement deux secteurs : le sanitaire et le médico-social. Pourtant, la part de produits bio n’y atteint aujourd’hui que 2,5 % dans le secteur sanitaire et 4,3 % dans le secteur médico-social. Le secteur scolaire est plutôt bon élève.
Le défi est désormais de transformer ce potentiel en débouchés durables pour les filières bio.