Se démarquer par la race Parthenaise

À Montzéville, Nicolas Balicourt a choisi d’élever des vaches Parthenaises. Une race peu présente sur le territoire qu’il valorise en vente directe et qu’il s’apprête à faire découvrir au public lors du salon Agrimax.

Issu d’une famille d’agriculteurs à Montzéville, Nicolas Balicourt reprend les parts de son père le 31 décembre 2020, puis celles de sa mère en 2025. Son père reste cependant salarié sur l’exploitation. L’EARL du Champ de la Cour compte 135 hectares de surface agricole utile, dont 100 hectares de terres labourables consacrées au blé, à l’orge de printemps, au maïs, au tournesol et à la luzerne. Les 35 hectares restants sont des prairies.

Mais avant de revenir sur l’exploitation familiale, Nicolas Balicourt a eu plusieurs expériences professionnelles. Après des études agricoles, il passe son permis poids lourds, puis travaille chez Maximo, France Express et Leclerc. Chez Luzeal, dans la Marne, il intervient comme saisonnier sur les chantiers de fauche, d’andainage, d’ensilage et de transport en camion. Il devient ensuite chef de cultures dans une exploitation marnaise pendant deux ans et demi, avant de travailler à Belleray. Il rejoint enfin la ferme de Montzéville d’abord en tant que salarié.

C’est à ce moment-là qu’il crée un service de pressage de paille en balles carrées. Une activité complémentaire qu’il développe au fil des années, dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de l’exploitation. «J’ai de bons clients qui sont fidèles, dans un schéma de confiance», souligne-t-il.

La Parthenaise pour se démarquer

Son installation marque aussi la réorientation de la ferme vers un troupeau allaitant. L’exploitation disposait auparavant d’un troupeau laitier équipé d’un robot de traite depuis treize ans.

Son choix se porte sur la Parthenaise, une race qu’il découvre dans une documentation, à travers un simple flyer. L’esthétique des animaux lui plaît. «De belles vaches, avec le contour des yeux noirs ; on croirait qu’elles sont maquillées» s’amuse-t-il. Mais ce sont surtout les qualités de la race qui le séduisent. «Ces qualités bouchères, son rendement, c’est une viande très fine. Et puis, il y a aussi une facilité de naissance, pas de stress avec une bonne délivrance» poursuit-il.

La Parthenaise reste peu présente sur le territoire. Un atout pour cet éleveur qui souhaite développer la vente directe à la ferme. «Il fallait que je me démarque», explique-t-il.

Un troupeau construit sur la génétique

Pour constituer son troupeau, Nicolas Balicourt achète plusieurs lots de génisses pleines. Il s’appuie notamment sur un centre d’insémination en lien avec Iboval. À son installation, il démarre avec huit femelles. En 2024, il fait l’acquisition de trente autres futures mères.

Dès le départ, il privilégie des animaux issus d’élevages sains. «J’ai commencé directement avec de la génétique avec des bons index et des tempéraments calmes», explique-t-il. Il va d’ailleurs rechercher ses animaux directement dans le berceau de la race. En 2025, il achète ainsi treize génisses supplémentaires dans une ferme adhérente à France Parthenaise. Son objectif est d’atteindre un troupeau d’une soixantaine de mères.

Au quotidien, il cherche à accompagner le développement de ses animaux sans forcer leur croissance. Les veaux sont petits à la naissance. Mais, selon lui, «en quinze jours, ils poussent bien et naturellement».

Cette croissance repose aussi sur une alimentation adaptée des mères. La ration des vaches comprend de l’ensilage d’herbe, du maïs grain broyé et un complément minéral. «C’est primordial d’apporter des minéraux aux vaches. Elles ont un plus beau poil et une meilleure production» souligne-t-il.

La reproduction fait également l’objet d’un suivi précis. Nicolas Balicourt distribue notamment une cure de vitamines avant la période d’insémination. Puis, il contrôle les gestations à 35 jours et vise des vêlages groupés à l’automne, entre le 15 septembre et le 15 décembre, afin que toutes les naissances aient lieu en bâtiment.

Les mâles sont valorisés en broutards, avec l’aide d’un négociant. Une partie des femelles est conservée pour assurer le renouvellement. À terme, il espère également pouvoir commercialiser des génisses pleines.

La vente directe, un lien avec les consommateurs

L’agriculteur souhaite développer la valorisation de sa viande qui est «tendre, fine et persillée». Il commercialise déjà directement à la ferme, des caissettes de 5 ou 10 kg. Les ventes reposent principalement sur le bouche-à-oreille et quelques publications sur les réseaux sociaux. Un fonctionnement qui lui permet de faire connaître sa viande sans disposer, pour le moment, d’un magasin.

Son ambition est de proposer ce service une fois par mois. Les jours de vente, il loue une chambre froide pour conserver les produits. Mais ces rendez-vous sont aussi l’occasion de faire découvrir son exploitation. Les consommateurs viennent directement sur place. Le chef d’exploitation peut alors échanger avec eux et expliquer son métier.

Agrimax, une piste à explorer

C’est aussi dans cette logique d’échange que Nicolas Balicourt participera à Agrimax. La Parthenaise étant encore peu représentée, il n’y a pas de concours cette année mais une présentation.

Il emmènera Véritable, une génisse née sur l’exploitation le 7 novembre 2024. Fille de Scarolle, une vache affichant un Ivmat de 118, elle présente elle-même de bons indices : 113 en Ivmat, 102 en aptitude au vêlage et 104 en aptitude laitière.

Cette première participation sera avant tout une découverte. Mais il espère pouvoir prendre part à un concours dès l’année prochaine. «C’est un essai», reconnaît-il. Pour autant, il prépare sa génisse avec soins. Il s’appuie sur la méthode de dressage Souvigné, une approche douce destinée à rendre les animaux calmes, dociles et habitués à la corde.

Il bénéficie également des conseils d’Adeline Drouet, éleveuse de Charolaises dans le village voisin. Habituée des concours depuis plusieurs années, elle lui donne de précieuses recommandations pour la marche. Elle sera, elle aussi, présente à Agrimax avec des animaux.

Enfin, Nicolas Balicourt diffuse de la musique dans la stabulation pour habituer ses bêtes au bruit. Une façon de les préparer à l’ambiance du salon, mais aussi de rendre le quotidien de l’éleveur plus agréable.